FREDERICTON, N.-B. - Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, a indiqué samedi avoir l'intention d'aller de l'avant avec son projet de vente d'actifs d'Energie NB à Hydro-Québec, malgré l'opposition publique et la récente démission d'un de ses ministres.
M. Graham estime que cette transaction a été négociée dans le meilleur intérêt de la province.
Cette déclaration est survenue seulement quelques jours après que Shawn Graham eut demandé au ministre du Tourisme et des Parcs, Stuart Jamieson, de quitter son poste par manque de solidarité ministérielle.
"A titre de premier ministre, je suis aujourd'hui encore plus confiant que jamais, et ce, même devant les défis qui nous attendent. Nous devons faire ce pourquoi nous avons été élus, a-t-il dit samedi. Et cela consiste à faire preuve de leadership et à faire ce qui est le mieux pour l'avenir de la province."
M. Jamieson avait émis des réserves à propos de l'entente de 3,2 milliards $ donnant le contrôle à Hydro-Québec de 10 centrales électriques du Nouveau-Brunswick. Il considère que ce projet devrait face l'objet d'un référendum populaire.
L'entente est un projet édulcoré d'un précédent projet d'accord, d'une valeur de 4,75 milliards $, annoncée l'automne dernier, qui avait soulevé un tollé général et une dissidence ouverte au sein du caucus libéral.
Sept mois avant la tenue d'élections provinciales, Shawn Graham a soutenu qu'il ne voyait pas la nécessité de tenir un référendum. "Des réformes telles que celle sur l'égalité des chances et les langues officielles n'ont pas pas été soumises à un référendum", a expliqué M. Graham. Et c'était grâce au courage des gouvernements en place qu'elles ont été mises en place et qu'aujourd'hui, les néo-brunswickois en tirent les bénéfices."
Mais le chef de l'opposition, le conservateur David Alward, estime que le gouvernement libéral de Shawn Graham s'écroule comme un château de cartes. "Au cours des derniers jours, nous avons entendu beaucoup d'opposition au sein du caucus libéral, a soutenu M. Alward. Le premier ministre tente de gérer une crise, et il ne gère pas la province."
Il dit ne pas avoir été surpris par la démission de Stuart Jamieson et s'entend à ce que d'autres ministres lui emboîtent le pas.
M. Alward soutient que le premier ministre a manqué de respect face aux citoyens de la province en refusant de tenir un référendum et en allant de l'avant avec des réformes controversés dans le domaine de l'éducation postsecondaire, de l'enseignement du français comme deuxième langue et des réformes dans le domaine de la santé.
M. Jamieson est le troisième ministre à quitter le cabinet de M. Graham au cours des sept derniers mois. Mais sa démission est la seule liée à l'entente entre Energie NB et Hydro-Québec.
Shawn Graham a indiqué que des avocats travaillaient sur la version finale de l'entente et de la législation nécessaire. Il souhaite signer l'entente finale avec la société québecoise à la fin du mois de mars.
© La Presse Canadienne, 2010




