Plus de la moitié des radios n’émettent pas, les télés peinent à se rallumer, les deux seuls quotidiens du pays (Le Nouvelliste et Le Matin) ne s’impriment plus. L’hebdomadaire français Courrier international a du publier l’essentiel de la rédaction post-séisme des quotidiens.
"Ouvrir nos colonnes à des journaux empêchés de paraître, Courrier international l’a déjà fait à plusieurs reprises, notamment avec la presse russe lors du putsch raté de 1991 ou, plus récemment, avec les presses algérienne ou irakienne", indique Philippe Thureau-Dangin, président et directeur de la publication du journal.
Mais, avec Haïti, poursuit-il, il s’agit d’autre chose. Plus question de censure ou d’exil politique : les deux quotidiens haïtiens, Le Matin et Le Nouvelliste, sont dans le plus cruel dénuement.
Ce numéro spécial rassemble des textes des deux quotidiens port-au-princiens empêchés de paraitre depuis le séisme du 12 janvier quoique leurs deux locaux aient tenu le coup.
Les rédacteurs de deux journaux haïtiens sont, dans des conditions plus que difficiles, parvenus à tracer un portrait d’Haïti, a souligné le Courrier International.
Journalistes tués
Au total, 26 journalistes sont morts et deux sont blessés graves selon Jacques Desrosiers de l’Association journalistes haïtiens (AJH). Un bilan à compléter par le nombre de journalistes ayant laissé le pays, ou qui se sont réfugiés dans les villes de province.
Plusieurs stations de radio se sont effondrés comme Magik9, Radio Tropic FM, Radio Maximum, RCH 2009, Radio Télé Guinen, Radio Galaxie, Inspiration FM, Radio Ibo et d’autres sont fissurées comme Radio Caraïbe ou Radio Lumière. Dans les villes province comme Léogâne, Jacmel, la plupart des radios ont pratiquement été soufflées.
Au lendemain de la catastrophe, les medias en ligne comme HPN étaient les rares à résister à l’onde de choc, avec la station de radio Signal FM, la seule à rester en onde immédiatement après le séisme.
Trois semaines après le 12 janvier, les radios tentent de se réorganiser, leur grille de programmation s’en trouve complètement bouleversée. Au départ, certaines stations ne relayaient que des messages, d’autres sont revenues en onde avec des éditions de nouvelles adaptées à la circonstance.
La plupart enfin ne diffusent plus que de la musique ou relaient des informations de chaines de télévisions françaises. Il faut signaler que plusieurs organisations de presse internationales, notamment européennes et américaines (Reporters sans Frontières, Internews Europe, Internews Amérique, International Media Support), ont offert leur appui aux journalistes haïtiens.
Depuis le 21 janvier, Reporters sans Frontières a installé un centre de presse avec des ordinateurs, scanners, imprimantes et liaisons Internet, en tout 20 postes de travail et une salle de 40 places.
Internews Europe envisage pour sa part de relocaliser les medias dont les locaux ont été détruits. Radio France a aidé plusieurs stations de radio haïtiennes à revenir en ondes comme, par exemple, Radio Ibo dont les studios ont été transférés chez son propriétaire, Hérold Jean François.
RFI de son côté réalise des émissions spéciales avec des stations de radio locales relatives au séisme.
Ces organisations comptent également apporter leur support aux propriétaires de medias en leur fournissant des équipements.
Par ailleurs, les associations de patrons de medias multiplient les démarches auprès du gouvernement afin de trouver des fonds auprès de bailleurs internationaux pour relancer leurs activités.




