QUEBÉC - L'augmentation de la taxe de vente (TVQ) est une mesure équitable et nettement préférable à une hausse d'impôt, a estimé mercredi le ministre du Développement économique, Clément Gignac.
A quelques semaines du dépôt du budget, la sortie de M. Gignac semble accréditer la thèse selon laquelle le ministre des Finances, Raymond Bachand, se tournera vers des hausses successives de la TVQ pour accroître les revenus de l'Etat.
"Après avoir retourné toutes les pierres et regardé au niveau des compressions, si on doit aller dans cette direction, c'est quand même la taxe de vente qui a le moins d'impacts négatifs", a soutenu le ministre Gignac, lors d'un impromptu de presse à l'Assemblée nationale.
Alors que seule une partie des contribuables paient des impôts au Québec, la taxe de vente s'applique à tous les consommateurs, entreprises et particuliers. En ce sens, l'augmentation de la TVQ est une option plus juste qu'une hausse de l'impôt sur le revenu, a fait valoir M. Gignac.
Citant les experts Luc Godbout et Pierre Fortin, le ministre a aussi évoqué les bienfaits d'une hausse de taxe sur les habitudes de vie des consommateurs.
"Cela favorise l'épargne. Si on prend (de l'argent) à même votre chèque de paie, vous n'avez pas vraiment de choix alors que via la taxe de vente, vous pouvez décider d'épargner plutôt que de dépenser", a-t-il fait remarquer.
Selon des informations qui circulent depuis plusieurs semaines, le ministre des Finances annoncera dans son budget de la fin mars deux hausses consécutives d'un pour cent de la taxe de vente.
La deuxième augmentation de la TVQ s'ajoutera à celle d'un pour cent prévue pour janvier 2011, une majoration qui avait été inscrite dans le budget de l'ex-ministre Monique Jérôme-Forget.
Avec ces deux hausses, le gouvernement du Québec comblerait en entier l'espace laissé vacant pas les réductions fédérales de la TPS. Les recettes ainsi récupérées par Québec atteindraient 3,2 milliards $.
En Chambre, M. Bachand n'a pas voulu vendre la mèche mais il a pris à contre-pied le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau, qui l'accusait de vouloir "taxer davantage" les Québécois.
M. Marceau, a rappelé le ministre des Finances, avait affirmé en septembre 2009 qu'une majoration de la TVQ et des tarifs sont "des voies intéressantes" en vue de renflouer les coffres de l'Etat.
Pour le reste, "les réponses du gouvernement viendront au budget", a dit M. Bachand.
Nullement démonté, le député Marceau a accusé le gouvernement Charest de vouloir aller chercher dans les poches des contribuables les 2,2 milliards $ que le Québec attend toujours d'Ottawa en guise de compensation pour l'harmonisation de la TVQ et de la TPS.
"La question de l'harmonisation, c'est l'équivalent de pratiquement deux ans de hausse d'un point de TVQ. C'est ça, le prix de l'incapacité du premier ministre à régler ce dossier", a lancé le député péquiste de Rousseau.





